Friiix cluB

Friiix Club - Compagnie de spectacles
Crédit photo : Philippe Marty

Le Friiix Club est une association artistique dédiée à la création théâtrale et aux formes animées.
C'est en 2014, à Bordeaux, que Frédéric Feliciano crée Le Friiix Club.
Il est rapidement rejoint par Céline Giret à la direction artistique de l'association. Ensemble, ils développent un projet théâtral pluridisciplinaire au service d'une écriture dramaturgique contemporaine.

DE L'ÉCRITURE DU RÉEL

Comment rendre compte du réel ? Du monde dans lequel nous vivons ? Du bien et du mal ? Quelle est la place du théâtre dans une société sur-informée, aux milles propositions spectaculaires ? Quel théâtre peut embrasser la complexité de la société contemporaine et rester vigilant aux goûts d'un public qui se transforme au contact de la diversité des objets culturels proposés sur les innombrables supports technologiques? Ces questions ont participé à la fondation de l'association Le Friiix Club et traversent chaque création.

C'est aussi pour cela, presque naturellement, que Le Friiix Club s'est rapproché de l'écriture du réel. Très influencé par la lecture de l'ouvrage de David Shields « Besoin de réel » et porté par un désir d'appréhender autrement les questions de notre temps, nous avons trouvé, à travers cette écriture, un outil fiable pour construire une forme esthétique théâtrale propre à répondre à nos besoins.

Nous considérons ce processus d'écriture le plus adapté pour être au plus prêt de notre société.

Les nombreuses séquences des spectacles tirées intégralement de situations réellement vécues sont des éléments constituants d'une forme théâtrale qui interroge le jeu de la représentation, qui questionne la notion de vérité et de justice.

L'écriture du réel est aujourd'hui à la base de notre identité et ouvre des perspectives dans la définition d'un théâtre que nous nommons le théâtre de la sidération.

VERS LE THÉÂTRE DE LA SIDÉRATION

Ce théâtre voit le jour quand le terme « sidération » a été identifié comme un des plus usités dans les réseaux sociaux en 2016. La violence terroriste qui a touché la France et d'autres pays européens, la Méditerranée qui se transforme en sanctuaire de l'humanité, une fracture sociale qui s'affirme chaque jour et qui se manifeste, entre autres, à travers des ruptures historiques telles que le Breixit ou la montée en puissance des partis réactionnaires, les risques de conflit nucléaire, le chiffre d'affaires de grandes sociétés internationales qui est trois fois supérieur à des PIB de nations grandes comme la France ... provoquent un effet de sidération.

Cet état de stupeur dont parle la psychanalyse pour définir la sidération, qui a été pendant longtemps attribué à l'influence malfaisante des astres, et qui est aujourd'hui une réaction au spectacle donné par nos sociétés contemporaines, nous rappelle que le théâtre n'est pas en-dehors du monde mais qu'il se construit à travers un dialogue incessant entre le réel et la pensée dynamique du récit poétique.

C'est pour cette raison que l'acteur dans nos pièces est invité à apporter sa part d'expérience vécue dans le récit dramatique. Cette expérience du réel, mis en jeu au cœur-même de la fiction théâtrale, renforce un sentiment sidérant, du fait d'une frontière brouillée, confuse entre le réel et la fiction ; le vrai et le faux. Cet « effet » sidérant est recherché afin de déplacer le spectateur à une position de témoin. (Il semble que le théâtre de la sidération interroge la notion de l'engagement). Ce qui nous amène inéluctablement à un autre aspect abordé par le théâtre de la sidération, la question de la construction du réel et de l'authenticité.

Considérant que l'événement théâtral est de nature humaine, nous privilégions des structures scénographiques rudimentaires. Cette mise à nu des décors et des accessoires laissent ainsi la place à la présence des protagonistes. L’événement est l'énergie humaine. Son jaillissement dans le verbe. Les corps submergés et contraints de se débrouiller avec la petite et la grande histoire. C'est de cette présence que surgit la marionnette et son univers plastique. C'est à travers la manipulation de marionnettes et d'objets qu'est canalisée l'énergie de l'acteur et le rythme du récit.

DES FORMES ANIMÉES

Nous utilisons le langage de la marionnette et des formes animées car il permet de décaler les récits, d'ouvrir des brèches poétiques, de jouer avec les signes, de créer une distance entre les protagonistes et l'interprète, d'échanger les registres en un clin d'oeil.

L'illusion qu'elles créent nous renvoie sans cesse à notre questionnement au sujet de la construction du réel.

Il nous apparaît aussi au fur et à mesure du travail que la marionnette à un lien particulier avec l'univers de la mort. S'appuyant de plus en plus sur le traitement dramaturgique de faits divers, de disparitions violentes dans nos spectacles, la marionnette est devenue un outil indispensable pour la réalisation de nos spectacles.

DES VALEURS HUMANISTES

Partageant les valeurs de l’éducation populaire, toutes les démarches artistiques du club sont réalisées dans une volonté d’émancipation et de transformation sociale.

Pour cette raison les spectacles du club ne se limitent pas à l’espace scénique mais envahissent l’espace publique, scolaire ou domestique.

LE FRIIIX CLUB

A l'image de la pluridisciplinarité développée dans toutes ses créations, le nom du club est la conjugaison de multiples références. Ainsi, le "Club" rappelle le nom que les révolutionnaires de 1789 utilisaient pour désigner les groupes dans lesquels ils se réunissaient.

Le terme "compagnie" a en effet été réfuté dans le souci d'écarter toute référence, proche ou lointaine, au monde militaire ou économique. Le "Friiix",quant à lui, sonne comme le mot anglais "freaks" qui sert de titre original au film culte de Tod Browning (La Monstrueuse Parade en français).

Enfin le triple i est une référence italienne qui rappelle l'un des grands projets politiques de Silvio Berlusconi fondé sur trois piliers: "Impresa, Informatica, Inglese": une démarche "qui tente de transformer l'homme en un autre type d'être, le Friiix, le monstre.

L'équipe

Frédéric Feliciano

C’est en 1995, à l’Ecole du Passage dirigée par Niels Arestrup, qu’il rencontre Alexandre Del Perugia.

A la fin de sa formation, il quitte Paris et l’émission « Nulle part ailleurs » de Canal + pour le rejoindre à l’Hôtellerie de Pontempeyrat et monter ses premiers spectacles sous chapiteau. Sa nouvelle fonction de directeur de troupe ne l’empêche pas de continuer sa carrière de comédien en interprétant Cyrano de Bergerac dans l’illustre Fagotin mis en scène par Pierre Blaise ou la Parole du Sage dans les 5 Rouleaux d’Henri Meschonnic mis en scène par Patrick Haggiag.

Il s’engage plus tard aux côtés d’Emmaüs International dans la reconstruction culturelle de l’ex-Yougoslavie par la réalisation d’actions culturelles et de spectacles dans les camps de réfugiés. Après avoir réalisé un documentaire sur le site de Sangatte et les clandestins irakiens et kurdes, il s’installe en Italie, en 2001. Il y sillonne les routes avec ses spectacles, apprend à sculpter et coudre à Naples et met en scène d’importants défilés de mode au sein de Pitti uomo et Pitti Bimbo à Florence.

C’est là aussi que ses chansons produites par Paolo Dossena (producteur de Paolo Conte) rencontreront un franc succès avec le groupe Barack e Burattini.

En 2013, le voilà de nouveau en France, installé à Bordeaux, avec un nouveau projet : le Friiix Club, dont le premier spectacle « Guignol ou la Vie des Pov’Gants » a été sélectionné au festival de Marionnettissimo à Toulouse et au Festival Mondial de la Marionnette de Charleville-Mézières.

Céline Giret

Née en 74 à Paris, elle découvrira le jeu, le chant et la danse à travers la comédie musicale dès l’âge de 12 ans. Sa vie artistique la suivra tout au long de ses études, au sein de la compagnie Les Gavroches, puis la Cie du Chahut. Les diverses productions dans lesquelles elle jouera seront présentées dans des théâtres parisiens (Théâtre de Paris, de la Porte St Martin, de Trévise, de l'Européen, de Ménilmontant, Auditorium des Halles, Trianon,...). Elle sera aussi chanteuse soliste dans le groupe de funk Princess Pacific, et interprète dans des courts métrages alternatifs.

Ses expériences au Parc de la Villette en 97 puis 98, et dans la maison de disque Virgin Paris, l’emmèneront peu à peu vers d’autres horizons. En 99, elle part travailler dans l’organisation de festivals de musique à New York au sein de la Knitting Factory. En 2001, sa curiosité la pousse à partir en tour du monde pendant un an et aller à la rencontre d’acteurs culturels locaux. C’est en 2003 qu’elle s’implantera à Bordeaux pour y faire son nid. Elle servira d’abord des projets artistiques de compagnies puis elle travaillera successivement dans les services culturels de municipalités girondines.

Elle participe à la création du Friiix Club en 2014. C’est à l’occasion du festival mondial de la marionnette de Charleville-Mézières qu’elle reprendra l’accompagnement sonore du spectacle « Guignol ou la Vie des Pov’Gants ». A l’automne 2015, elle choisit de retourner à la scène pour faire du projet artistique du Friiix Club avec Frédéric Feliciano un véritable projet de vie.


Les collaborateurs

  • Julie Chaffort
  • Jacques Ballue
  • Paola Rizza
  • Vincent Dupeyron
  • Monique Quartini
  • Christophe Turpault
  • Christian Quermalet
  • Xavier Moreau
  • Marius Bichet
  • Isabelle Ployet
  • Vincent Delerm
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